Bible pour Fashionistas

Un petit peu de lecture ("La Parisienne", par Inès de la Fressange. Un très joli livre, je vous le conseille) , un Latte Macchiato home made (merci Dolce Gusto…), de la verdure…

Entamez la soirée avec quelques sushis (Planet Sushi) et finissez par un bon bain chaud (accessoires de bain de "L’Accro du bain"; 10, rue Démolombe, à Caen)

Voilà comment se détendre après une grosse semaine!

Et vous, quels sont vos trucs et astuces zen?

Bonne semaine!

Plundered my soul

J’ai été bercée au son des Rolling’Stones, des Doors, des Who et des Beatles par mes parents. Ma mère est une ancienne hippie, par qui les décennies 80 et 90 ne sont jamais passées. Je n’ai donc jamais connu la joie de porter, comme mes petits camarades, les caleçons flashy pailletés, les jogging addidas, et les coiffures palmiers. Non non non. Ma mère s’est comme assoupie avant de s’éveiller en l’an 2000 au son de Moby et de son  Natural Blues . Pendant toute mes années de primaire, j’ai donc eu, à l’inverse de mes petits collègues, l’interdiction formelle de regarder Hélène et les garçons . Je portais des cheveux blonds très longs (Je n’ai eu le droit de les couper (d’une vingtaine de cm seulement) qu’à 15 ans, et encore, c’est ma mère, elle-même qui s’est auto infligée cet acte après mes multiples supplications. Elle en pleurait! Je ne suis entrée chez un coiffeur pour la toute première fois qu’avant d’aller à la Fac. J’étais tellement terrorisée que j’ai demandé à June de m’accompagner. Et ce n’était qu’un dégradé! Cela ne fait que 2ans que j’ai adopté mon carré plongeant.); des jeans droit, des caleçons fleuris, et des Doc Marteens.
Bien sur, comme toutes les adolescentes, venu l’âge de 12 ans, je me suis prise de passion pour tout ce qui était rose fluo, pailleté et/ou tape à l’oeil. Une façon de m’affirmer, sans doute. Mais mon éducation musicale, sans que j’en ai réellement pris conscience, était déjà bien encrée.

Vers 16ans, je suis entrée dans un lycée d’un genre assez atypique. Le lycée artistique Jean-François Millet de Cherbourg, où j’ai passé mes plus merveilleuses (et déjantées) années. Imaginez un lycée de 1400 élèves (1000 filles pour 400 pauvres garçons), aux taux de réussites au bac L proche du nul, largement impliqué dans toutes les actions politiques, un lycée où il était plus apprécié de venir en cours habillé d’un sac poubelle que de refuser une pétition contre l’excision.
Imaginez des centaines de filles vêtues de jupons multicolore, de garçons en pantalon de velours côtelé à bretelles, tous et toutes caressant le doux rêve de changer la face du monde en chantant/peignant/dansant et/ou jouant la comédie.
Imaginez que tous ces jeunes veulent, de plus, partir, à l’issu de ces années lycée, faire de l’humanitaire en Afrique. Imaginez enfin, que la plupart d’entre eux se nomment Maëlis, Mali, Berthelomé, Ulysse, Constance, Cassandre, Margerie, Graziella, Maximilien, Léopold, Ganael, Julina, Maella, Virgile, Ludmilla, ou Stella.
Imaginez que ces personnes soient internes. Alors « l’appel » réalisé par les surveillants prend vite des allures de poème.
Imaginez des chambres aux murs recouverts de chanson de Brassens, ou de poésies de Victor Hugo, entre deux ou trois posters de Kurt Cobain (annotés d’un « Fuck Courtney! ») et Cradle of Filth.
Enfin, imaginez un internat où la Bac descendrait environ une fois par semaine faire un petit tour des casiers.
N’imaginez plus.
C’est le lycée Millet.

C’est là, qu’un jour, en écoutant un ami jouer de la guitare dans un coin, j’ai commencé, aux premiers notes de Angie, à avoir des réminiscences.
Le weekend venu, de retour chez mes parents, j’ai cherché à savoir d’où provenaient ces impressions de déjà vu, et ma mère m’a vite apporté des réponses.
Elle a sorti une caisse entière de vinyles, un tourne disque, des photos découpées dans des magazines, et les paroles de Angie recopiées à la plume, et écrites à l’oreille, sur la page d’un cahier d’écolière.
Au milieu de ses souvenirs, de ses fustigations contre ces ex-soixante-huitards devenus PDG sans scrupules, de ses regrets de n’avoir jamais vu Hair sur scène, de ne jamais avoir pu partir à Woodstock, ou encore de n’avoir vécu Mai 68 que par procuration (elle était bien trop petite), il y’avait ces photos.

Celles prises à la Villa Nellcote, en France, en 1971. Celles d’un exile romancé dont l’origine vient en réalité, du désir de Keith Richards d ’échapper au Fisc britannique, en compagnie d’Anita et Marlon. Quelques semaines plus tard, le reste du groupe débarquait. Au milieu des déjeuners sur la terrasse avec les enfants, des après midi à bronzer près de la piscine, des guitares, de l’alcool, de la drogue et des soirées qui se finissent à l’aube, sans avoir rien prémédité, c’est là que Mick Jagger épouse Bianca. Cela marquera le début de la légende, puisque c’est à la suite de ce 12 Mai que le groupe commença l’enregistrement de Exile on Main Street, dans les caves de la Villa de Villefranche-sur-Mer.

Celui qui a pris ces clichés, c’est Dominique Tarlé, un photographe, qui vivra 6 mois avec le groupe.
Voilà pourquoi ces photos sont empreintes d’un naturel qui ne vieillit pas. Elles ont été prises à une époque où les producteurs de stars étaient plus inquietés par une fausse note que par un cliché désavantageux. Plus intéressés par la musique que par le droit à l’image.
Aujourd’hui, ces trésors visuels n’existeraient pas.
Imaginez Madonna photographiée, en famille, durant 6 mois, en compagnie de ses amis! Impossible!

Pour ce qui est de la Villa Nellcote, elle n’en était pas à son premier coup d’éclat. Construite à la fin du 19e siècle par l’homme d’affaires Eugène Thomas, puis occupée par les nazis, avant d’être louée par Keith; la demeure mérite à elle seule le slogan Sex, Drugs, (scandals) & Rock&Roll.

Je crois que c’est à partir de ces photos, qui reflétaient pour moi un idéal de « way of life », de mes années d’Internat, que j’ai compris que je n’étais pas faite pour vivre seule. J’ai l’esprit de meute. Je n’y peux rien. Je vis pour et à travers un effet de masse. J’aurais adoré faire partie de l’épopée bohème des Rolling Stones. De ces soirées, de ces coups d’éclats, de ces actes irréfléchis, spontanés, et naturels. Quelques accords de guitare, vivre sans compter le temps, et laisser libre cours à toute forme de créativité.
Peut être un jour?
La vie est pleine de surprises…

Bonus: Plundered My Soul


Can you believe it? I’ve won more medals in this love game.
I’ve been resting on my laurels. I’m a bad loser
I’m a yard off my pace.
Hhmmm I smell rubber and I soon discovered
That you’re gone for good.
My indiscretions made a bad impression
Guess I was misunderstood.

I thought you needed my loving
But it’s my heart that you stole.
I thought you wanted my money
But you plundered my soul
Plundered my soul

I started asking around but your friend’s
pretty lips were sealed
I wrote a letter full of drabble and tried the fashions and my wounds that heal
I heard some gossip, you’ve become an alcoholic, you’’e dryin’ out.
So I phoned every clinic in the yellow pages, not a trace I found.

I thought you needed my loving
But it’s my heart that you stole.
I thought you wanted my money
But you plundered my soul.
You plundered my soul

I hate quittin’but I’m close to admittin I’m a sorry case.
But on quiet reflection, my sad rejections not a total disgrace.
But I do miss your quick repartee and the smile
That lights up your face.
You’ll be a hard act to follow. A bitter pill to swallow.
You’ll be tough, o you’re tough to replace.

I thought you wanted my loving
But it’s my heart that you stole.
You were the trick up my sleeve
My ace in the hole.
I thought you wanted my money
But you plundered my soul.
Oh plundered my soul oh yeeeah
You plundered my soul


Les Anges Maudits de Tourlaville: L’histoire vraie de Julien et Marguerite de Ravalet

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Peinture de Louis Ducis

J’ai passé mon Bac Littéraire-Théâtre au lycée Millet de Cherbourg, ville jouxtant celle de Tourlaville, en Normandie. Tourlaville qui est aujourd’hui propriétaire d’ un ravissant château. J’ai toujours entendu parlé de l’histoire maudite de ses occupants, mais n’y avait jamais prêté plus attention, jusqu’à ce que je tombe sur un post de Pause-Thé, blogueuse Cherbourgeoise, ayant pour sujet une pièce de théâtre intitulée "Une Nuit chez les Ravalet". Intriguée, je lis le post et me dis que, pour commencer, j’aimerai beaucoup voir cette pièce, et ensuite, qu’il serait peut être temps pour moi de me renseigner sur cette sombre histoire d’inceste en pays du Cotentin.

Après une petite recherche des ouvrages sur Marguerite et Julien de Ravalet, mon choix s’est porté sur le roman d’Yves Jacob, Les Anges maudits de Tourlaville.
J’ai également découvert que cette histoire avait largement marqué la France, en animant Paris en l’an 1603, soulevant l’opinion public jusqu’à parvenir aux oreilles du Roi Henri IV (alors en pleine reconversion religieuse et politique), et inspirant plusieurs peintres comme Mignard ou Louis Ducis.

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Peinture de Mignard intitulé Marguerite et les Amours. On peut lire, au dessus de Marguerite: "Un me suffit"

Voilà comment, il y’a environ 1 semaine et demi, je me suis ruée vers la Fnac de Caen afin d’acheter puis de dévorer, ce livre. Ce que j’ai le plus apprécié, ce sont les multiples références à cette région que je connais si bien. C’est toujours un plaisir que de situer où se passe l’action, de visualiser le paysage, qu’il s’agisse du parc floral du château, aux plages de Portbail et Carteret.

Aujourd’hui, je souhaiterai lire un roman retraçant l’histoire de Charlotte Corday, Caennaise instruite, devenue célèbre pour avoir assassiné Marat chez lui le 13 juillet 1793; assassinat qui sera immortalisé en peinture la même année par Jacques Louis David sous le simple titre de La Mort de Marat.
Si vous avez des pistes de lecture sur ce sujet, je suis preneuse.


Mais je vous laisse pour le moment avec mes morceaux choisis des Anges Maudits de Tourlaville:


Tourlaville, en Normandie, au XVIIe siècle. Frère et sœur inséparables, Julien et Marguerite de Ravalet sont d’une exceptionnelle beauté. En grandissant, leurs tendres jeux laissent place à un singulier désir. En dépit des mises en garde, de l’interdit, de la religion et de leur rang, ils cèdent à leur passion dévastatrice. Marguerite est alors mariée de force à treize ans, avec un homme bien plus âgé qu’elle, et vit un véritable calvaire. Tels deux aimants attirés l’un vers l’autre, les adolescents se retrouveront pour fuir ensemble à travers la campagne, entraînés malgré eux dans une spirale diabolique, condamnés pour la postérité…

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Le Château des Ravalet de Tourlaville

*

Julien n’aimait rien tant, lorsqu’il revenait d’une randonnée à cheval, que de ralentir sur le pont à trois arches surplombant les douves avant de franchir le porche donnant sur la cour d’honneur traversée par un petit ruisseau où courrait une eau vive et limpide. Là, Julien sautait de sa monture et, avant de la confier à un palefrenier, il s’immobilisait un moment pour admirer la façade sud de l’élégant château Renaissance qui se dressait fièrement devant lui. L’édifice à deux étages offrait à son regard des fenêtres à meneaux et à croisillons de pierre, surmontées elles-mêmes de trois lucarnes à chapiteaux corinthiens et ioniques s’ouvrant das un toit à la pente aiguë et au faitage couronné par d’imposants corps de cheminées. Trois tours, une à l’ouest, deux à l’est, coiffées d’un toit en éteignoir encadraient la façade du corps de logis. Le choix d’un schiste vert pour la toiture parachevait avec goût cette remarquable demeure seigneuriale.

*

En février 1596, une agitation inhabituelle régnait au château. Chaque année à la même période, Robert Agnès, tailleur ambulant résident à Tourlaville, venait s’installer plusieurs jours, voire plusieurs semaines chez les Ravalet, afin de confectionner des vêtement pour tout le monde. Drap, taffetas, velours, soie, satin, dentelle et chaudes fourrures.
La venue de Robert Agnès représentait pour Marguerite l’un des moments les plus agréables de l’année. Femme dès l’enfance la plus tendre, elle était fascinée par les beaux atours. Et cette année là, il n’était point souhaitable pour Robert Agnès de se tromper dans ses mesures, car on lui avait confié des étoffes de qualité et on entendait recevoir de lui en échange un travail soigné. Tous les Ravalet de Tourlaville présents étaient conviés à Carentan le 10 mars suivant au mariage de Madeleine-Marguerite de Ravalet de Sideville qui allait épouser un certain Jean Le Fauconnier, receveur des tailles.

*

Marguerite se précipita à la fenêtre, attirée par les hérissements et les piaffements de plusieurs chevaux dans la cour d’honneur.
On était en automne 1598. Une missive de l’abbé de Hambye, leur oncle, annonçait sa visite imminente en compagnie de Julien, qui avait achevé son cycle d’études à Coutances et qui venait se reposer un peu au château de Tourlaville. Et depuis deux jour, incapable de faire autre chose que de guetter les allées et venues d’éventuels visiteurs, Marguerite se morfondait dans sa chambre en compagnie de Guyonne, sa camériste.

*

Si évidente était leur passion que Madeleine de Tourlaville s’en ouvrit à François Arnoul un jour où Jean III s’était absenté pour se rendre à Cherbourg afin de participer à une assemblée de la confrérie de Notre-Dame montée en l’église de la Trinité de Cherbourg, confrérie à laquelle il appartenait depuis deux ans.

*

Lorsque, accompagné par Nicolas Roussel affublé d’une livrée d’azur, noblesse oblige, Julien pénétra dans la bonne ville de Paris, une bouffée de saisissement mêlée à du bonheur s’empara de lui. Depuis qu’Henri IV avait abjuré sa foi protestante et repris possession de la capitale du royaume, depuis que l’édit de Nantes du 13 Avril 1598 avait offert une paix religieuse entre catholiques et huguenots, la ville renaissait.
Julien fut très vite happé par la magie de la grande ville, lui qui en était resté aux chemins creux des environs de Tourlaville et aux ruelles fangeuses, sombres, et plutôt paisibles de Coutances, Cherbourg, ou Valognes. Paris ne brillait pourtant pas par son hygiène ou par sa propreté.

*

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Le Parc

Depuis le départ de Julien pour Paris, Marguerite s’étiolait. Elle gardait la chambre plus souvent que naguère, se promenait seule dans le domaine, sillonnant sans cesse les chemins qu’elle avait parcouru avec son frère. Elle était à plusieurs reprises allée près du gué de la rivière Trottebec.
Madeleine et Jean III l’observaient en silence. Plutôt que de l’expédier au couvent y poursuivre ses études en attendant de lui choisir un époux, craignant qu’elle avoue à d’éventuelles confidentes son attirance pour son frère Julien, ils avaient décider de la garder à Tourlaville et de lui chercher vivement un parti. C’est ainsi qu’en février 1600, les prétendants se succédèrent au château.

*

La cause était entendue. Le 16 mars 1600, un contrat de mariage concernant Marguerite et Jean Lefebvre fut passé en reconnaissance devant Nicolas Piot et Richard Le Blond, « tabellions en la haute justice de Bricquebec ».  L’abbé Hambye offrirait deux mille écus de dot, le 28 Juillet de la même année devant le même Le Blond.
Pour l’heure la date de la cérémonie fut fixée à mi-juin. Marguerite ne se tua pas comme elle l’avait promis, mais elle sombra dans une profonde mélancolie proche de la prostration.

*

A présent, Marguerite et Jean Lefebvre approchaient des remparts de Valognes. Ils traversèrent le pont du tremblet enjambant le ruisseau du même nom, franchirent la porte de la ville, longèrent le château qui se remettait à peine des sièges successifs qu’il avait subi contre les calvinistes. Arrivés devant la collégiale Saint-Malo, ils la contournèrent et s’engagèrent dans la rue des Halles. Les sabots de leur cheval claquaient sur les pavés de la petite ville.
Un instant plus tard ils s’arrêtèrent. Marguerite descendit de cheval pour contempler son nouvel univers. L’hôtel de Hautpitois était une grande bâtisse bourgeoise montée sur un étage.

*

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La "Chambre Bleue", chambre de Marguerite et Julien au château.

 

Il lui tourna le dos, posa une main sur le loquet de la porte.
_ C’est une fille, nommez la comme bon vous semblera.
Elle l’appela Louise, comme la mère de son époux. On la baptisa le 4 Septembre 1601 en l’église Saint-Malo de Valognes. Six semaines plus tard, convaincu qu’elle n’était pas sa fille, Jean Lefebvre expédia Louise en pension chez une nourrice de Coutances afin d’être certain que la distance empêcherait Marguerite d’aller la voir durant son absence.

*

Nicolas Jallot s’était levé à son tour. Il s’inclina vers sa cousine.
_ Si vous le désirez, après que vous vous serez reposée, je vous emmènerai chevaucher du côté de Portbail et de Carteret. La côte y est belle, sauvage, grande comme notre Normandie, et si le soleil nous reste fidèle, vous apercevrez au bout de la mer l’île de Jersey et peut-être même celle de Guernesey.

*

Dés sept heures du matin en ce mardi 2 décembre 1603, les juges reprirent les dossiers concernant les affaires à conclure ce jour là. Parmi elles, l’affaire Ravalet portant le numéro dix.
Après concertation en conseil privé, à l’unanimité, les juges reconnurent Marguerite et Julien coupables d’adultère et d’inceste entrainant comme sentence la mort. Les accusés étant nobles  auraient la tête tranchée à l’épée de justice et non à la hache comme le commun des mortels. Le greffier Daniel Voisin fut alors dépêché auprès du bourreau Jean-Guillaume pour le prévenir de la sentence et lui mander d’activer les préparatifs de l’exécution en place de Grève (NDLR: Actuelle Place de l’Hôtel-de-Ville de Paris), où se dresserait l’échafaud.
Jugement était rendu.
Henri IV allait y porter l’adoucissement promis. Le parlement reçu un message signé par lui: les dépouilles des Ravalet de Tourlaville ne seraient pas jetées dans le charnier de Montfaucon mais inhumées dignement en terre chrétienne.

*

 

Une émotion incroyable secoua les épaules du fidèle valet et des condamnés. Pour ces derniers, c’était d’un coup tout leur passé, toute leur famille, toute la Normandie qui s’engouffrait dans la chapelle.

*

Les héros de ce drame furent inhumés en l’église Saint-Jean-en-Grève, proche du lieu de l’exécution. Un office fut célébré par le docteur Fusi puis, on enterra les cercueils à gauche du porche, à l’entrée de la chapelle de Communion.
Sur la pierre tombale, on pouvait lire, jusqu’au début du XVIIIe siècle, cette saisissante épitaphe:

 

Cy gisent le frère et le sœur
Passant, ne t’informe point
De la cause de leur mort.
Passe et prie Dieu
Pour leur âme.


US Mood

 

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Elle n’est pas super notre équipe de football US Caennaise? Voilà Les Conquérants.
Un dimanche après-midi où N. et moi étions allés encourager les joueurs. Si vous voulez vous renseigner, cliquez sur le lien, et si vous voulez encourager, comme nous, suivez Pierrol!
Entre deux images, quelques photos de jolis Cupcakes de E.!

Je vous ai mis en bonus la chanson d’Explosion in the Sky "Your hand in Mine". Chanson qui colle parfaitement  puisque c’est le thème de la série TV inspirée d’un film, lui même inspiré d’une histoire vraie (que d’inspiration!): Friday Night Lights. Une série que Numa apprécie beaucoup. Il est vrai qu’il y’a beaucoup de termes issus du jargon du foot US, mais je vous conseille quand même de jeter un œil, ne serait-ce que pour revoir l’acteur Kyle Chandler, qui incarne ici le coach Eric Taylor, mais qui restera toujours pour moi le sexy Gary Hobson de "Demain à la Une"!


 

Et ce serait la nuit, la longue nuit, La Nuit des enfants rois

Étant donné que je suis malade, j’ai des heures devant moi pour lire (ou relire!).
Dans le lot de livres qui ont marqué mon adolescence , il y’a La Nuit des Enfants Rois de Bernard Lenteric.
J’aime le style de l’écrivain, son roman mi-polar mi-fantastique. Surtout qu’à la base, je déteste les polars! Mais celui ci à quelque chose de fascinant et d’un peu dérangeant.
Je vous en livre quelques extraits…

 

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Cela se passe, une nuit, dans Central Park, à New York : sept adolescents
sont sauvagement agressés, battus, certains violés. Mais ces
sept-là ne sont pas comme les autres : ce sont des enfants-génies. 
De l'horreur, ils vont tirer contre le monde une haine froide,
mathématique, éternelle. Avec leur intelligence, ils volent, ils
accumulent les crimes parfaits. Car ces sept-là ne sont pas sept :
ils sont un. Ils sont un seul esprit, une seule volonté. Celui qui
l'a compris, Jimbo Farrar, lutte contre eux de toutes ses forces. A
moins qu'il ne soit de leur côté... Alors, s'ils étaient huit, le
monde serait à eux et ce serait la nuit, la longue nuit, La Nuit des
enfants rois.




*

Quant à son regard, c’est bel et bien un regard d’enfant.
Pas plus angoissant qu’un autre.
Mais pas moins.
Étrange que jamais personne n’ait pris garde à cette expression très particulière, glacée, à la surface de ses pupilles. Mais qui se donnerait la peine de scruter le regard d’un enfant comme les autres?
Seulement voilà…
Imaginez une armoire, un placard, une commode enfin n’importe quel meuble où l’on range soigneusement des vêtements, du linge de table, des draps. C’est rassurant, banal, familier, ordonné. c’est l’été. Il y’a dans l’air une tiédeur agréable, parfumée. Et pourtant au cœur de ces draps empilés, ou bien dans un tiroir, se trouve un serpent lové, venimeux, mortellement dangereux.
Il a environ cinq ans, et son intelligence anormale est comme ce serpent lové qui attend.

*

Elle dit "mon corps" avec détachement. Elle ne s’est jamais faite toute a fait à l’idée que ce ce corps est le sien. "Je suis en location en quelque sorte". reste qu’elle aime ce corps qui est le sien. Elle en est satisfaite. On l’a gâtée.
TU N’ES PAS SEULE, VOUS ÊTES SEPT, a dit l’Homme-Montagne.

*

Il a, comme les six autres, toutes les apparences d’un gosse ordinaire. Mais attention.
Attention !
L’un d’entre eux est comme un serpent lové, ignoré, endormi. Qui n’attaquera pas si on ne l’attaque pas.
Pas lui.
Lui attaquera, de toute façon, et il n’est plus très loin d’en avoir aujourd’hui la possibilité. Si son corps n’a que quinze ans d’âge, son cerveau ridiculiserait celui de n’importe quel adulte. Il porte en lui trop de haine et de désespoir accumulés au fil des quelque dix années précédentes, à attendre.
Ou alors il faudrait un miracle.
Le miracle s’est produit.
A cette seconde, il s’unit dans les Sept, y fusionne, s’y trouve. Pour la première fois, il vit. Une joie étouffante pour lui, qui n’a jamais éprouvé d’amour, même filial.
Le miracle.

*

Les Sept bougeaient. ils convergeaient. Non pas dans un mouvement continu et vif qui eut attiré l’œil, mais par une progression furtive, millimétrique.
Amibienne.

*

Nous le fascinons. Pas seulement à cause de notre intelligence: mais parce q’il a en lui, mille fois plus que tous les autres hommes, quelque chose de l’enfance qui est resté. Comme une lumière qu’on a oublié d’éteindre dans une maison vide.

*

Typique. Au premier rang de ma haine, je place ces garçons et ces filles qui ressemblent confusément la même colère que nous, les Sept, et ne font rien. Ils se laissent dériver vers l’âge adulte, stupidement, comme des moutons vers l’abattoir, se laissent émasculer par la société, laissent s’éteindre leur colère et même luttent contre elle.
Ils devraient être dans notre camp, ils formeraient une armée gigantesque. Nous en serions les chefs.

 


 

Snow Queen

 

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Let it snow!~Sinatra

Oh, the weather outside is frightful
But the fire is so delightful
And since we’ve no place to go
Let it snow, let it snow, let it snow

It doesn’t show signs of stopping
And I brought some corn for popping
The lights are turned way down low
Let it snow, let it snow, let it snow

When we finally kiss good-night
How I’ll hate going out in the storm
But if you really hold me tight
All the way home I’ll be warm

The fire is slowly dying
And, my dear, we’re still good-bye-ing
But as long as you love me so
Let it snow, let it snow, let it snow

When we finally kiss good-night
How I’ll hate going out in the storm
But if you really hold me tight
All the way home I’ll be warm

The fire is slowly dying
And, my dear, we’re still good-bye-ing
But as long as you love me so
Let it snow, let it snow, let it snow

 

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Je vous ajoute une petite vidéo:

 


Caen sous la neige
envoyé par olebeautemps. –

Et pour finir, une série mode intitulée "The Snow Queen", shootée par Tim Walker dans le Vogue UK de Mars 2009, avec Caroline Trentini.

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A part of Baby’s Romance

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Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai passé un excellent weekend! Concert de Chris Garneau en amoureux, Anniversaire d’un ami de N., Douceurs d’un Moka et d’un morceau de gâteau chocolat/Noix de pécan au Dolly’s à parler d’amouuur (toujours?) avec Mlle Green, Kaamelott livre VI, et Sex&the City… Perfect!

Maintenant, à votre tour d’apprécier Chris Garneau…

Baby’s Romance ~ Chris Garneau

The baby’s sleeping in the crib up top
And baby’s sleeping above you
You will lift him to the parking lot
Your car is waiting there for you
Your car is waiting there for you

I would like to see a little more propriety,
Cooperate with me and answer me
Without a plea.

I know now, I know now, I know now,
I’m gonna tell on you.
I know now, I know now, I know now,
I’m never gonna tell on you.

The whiskey’s waiting on the firetop,
The baby’s going to drink too.
The lady’s got no clothes she’s at the shop.
But if she’d knew then she’d kill you.
The bugs are out cause they come out at night,
Usually they just bite our hands.
Cause normally we have clothes on without a fight,
But now fighting’s a part of baby’s romance.
But now fighting’s a part of baby’s romance.

I would like to see a little more propriety,
Cooperate with me and answer me
Without a plea.

I know now, I know now, I know now,
I’m gonna tell on you.
I know now, I know now, I know now,
I’m never gonna tell on you.

Baby sleeps I can scrape your flower pots.
And baby’s sleeping against you.
I think he’d pray for an old motor car.
Or any bed made without you.
Or any bed made without you.

I would like to see a little more propriety,
Cooperate with me and answer me
Without a plea.
I would like to see a little more propriety,
Cooperate with me and answer me

Without a plea.


Chris Garneau "Baby’s Romance". Le Cargo, Caen, 16/10/2009.
envoyé par olebeautemps. – Clip, interview et concert.

///Fais moi la Pluie, fais moi le Beau Temps///

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La Pluie et le Beau Temps~Zazie

Tu fais la pluie
Tu fais le beau temps
Tu es l’ombre et la lumière
Tu es le ciel et l’enfer
Tu fais la pluie
Tu fais le beau temps
Tant que parfois je m’y perds
Entre l’amour et la guerre

Si je sors avec toi
Par tous les temps
Mon cœur dans tes mains
Est un cerf-volant
Qui subit sans savoir
D’où vient le vent
Vient le vent

Tu fais la pluie
Tu fais le beau temps
Tu es l’ombre et la lumière
Tu es le ciel et l’enfer
Tu fais la pluie
Tu fais le beau temps
Tant que parfois je m’y perds
Entre l’amour et la guerre

A savoir s’il me reste
Assez de courage
Pour braver la tempête
De tes nuits d’orage
Mais l’amour
N’est pas l’amour
Sans nuages
Sans nuages

Temps clair
Temps couvert
Temps clair
Temps couvert

Fais-moi la pluie
Fais-moi le beau temps
Fais-moi l’ombre et la lumière
Fais-moi l’amour et l‘enfer

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Here we come, right back where we started from…

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California~Phantom Planet

We’ve been on the run
Driving in the sun
Looking out for #1
California here we come
Right back where we started from

Hustlers grab your guns
Your shadow weighs a ton
Driving down the 101
California here we come
Right back where we started from

California!
Here we come!

On the stereo
Listen as we go
Nothing’s gonna stop me now
California here we come
Right back where we started from
Pedal to the floor
Thinkin’ of the roar
Gotta get us to the show
California here we come
Right back where we started from

California!
Here we come!

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~On y oublie le mal que les gens nous font ~dans ma maison~

S3600033(si les chats pouvaient parler…)

(en réponse aux interrogations, ceci n’est pas une image téléchargée,
c’est bien Papyrus sur le rebord de la fenêtre de ma chambre chez mes parents!)

 

Ma maison ~Emily Loizeau

Venez dans ma maison
Elle est belle, elle a
Tant de floraisons
Qu’on y oublie le mal
Que les gens nous font
Dans ma maison

Venez dans ma maison
Venez prendre le large
Manger l’horizon
Toucher le ciel

Venez dans ma maison
N’ayez pas peur
J’ai mis dans ma maison
Votre âme sœur

Venez dans ma maison
On y oublie le mal
Que les gens nous font
Dans ma maison

Dans ma maison
Dans ma maison
Dans ma maison

 

Hier soir, concert de Emily Loizeau avec E.

Nous ne le connaissions pas, j’avoue avoir vaguement entendu "L’autre bout du monde", mais cette fois, son album est beaucoup plus rythmé, peut être parce que, comme elle l’expliquait, elle n’écoutait pas assez la colère monter en elle.

E E

(Les photos viennent du site Le Cargö, car on nous contrôlait à l’entrée, les appareils photos étant interdits)

 

Edit du 24 Juin:

"Au secours des Chats Noirs (info: http://www.unamourdechat.com)

Y aurait-il une recrudescence des superstitions concernant les chats noirs ? Plusieurs sites Internet lancent des appels en leur faveur, rappelant qu’ils sont victimes d’un ostracisme ne reposant sur rien, mais qui depuis des siècles les poursuit sans relâche.

Les refuges sont pleins de jolis chats noirs de tous âges qui ne trouvent aucune famille d’accueil, la couleur de leur robe suffisant à détourner d’éventuels adoptants. Au point que le refuge de Nangis par exemple ouvre une rubrique "adopter un chat noir" sur son site afin de renverser la vapeur ou tout au moins d’attirer l’attention sur le destin contraire des blackies. Sur le site Internet "La Maison des Animaux", de nombreuses pages sont consacrées au bonheur de partager la vie d’un félin noir. On y fait remarquer que l’humain considère en général le noir comme une couleur chic : voiture noire, robe noire ont un certain prestige, mais les chats noirs restent désespérément dans les refuges…

Le problème n’est pas purement français puisqu’il existe en Italie une journée des chats noirs, pour lutter contre leur massacre et rétablir leur dignité. L’édit du pape Grégoire faisant du chat noir un instrument du démon, a beau avoir été publié en 1232, il fait encore des ravages.

Il est temps d’imiter désormais les britanniques pour lesquels un chat noir, c’est un porte bonheur. Ce n’est pas le dernier (très) gros gagnant de l’Euromillions qui dira le contraire : l’Espagnol qui a gagné récemment 126 millions d’euros a validé son jeu dans un bureau à l’enseigne du Chat Noir…"